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Face à l’urgence, l’Etat se mobilise:Plan de résilience économique et sociale

| Publié le 18 mars 2022
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La guerre d’agression russe en Ukraine, ainsi que les sanctions d’une ampleur inédite prises par la France et ses partenaires à l’encontre de la Russie auront des conséquences économiques, prix de la défense des principes fondamentaux de l’intangibilité des frontières et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Les prix de l’énergie (gaz, pétrole, électricité), qui ont d’ores-et-déjà fortement augmenté en 2021, devraient continuer à le faire en 2022. Après les fortes hausses des cours de l’énergie en fin d’année 2021 et début 2022, la guerre en Ukraine et les sanctions prises en réponse à l’encontre de la Russie – pays exportateur d’hydrocarbures – ont induit de nouvelles tensions sur les marchés du gaz et du pétrole et de nouvelles hausses des prix de l’énergie.
L’approvisionnement de notre économie en matières premières agricoles, métaux et intrants chimiques est également perturbé. Tant les prix à l’achat que les capacités d’approvisionnement sont affectés. En sens inverse, la réduction des relations commerciales avec la Russie affectera également certaines entreprises exportatrices françaises qui subiront une chute de leurs débouchés à l’export vers la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine, notamment dans les secteurs soumis à sanctions. Les perturbations de certaines routes logistiques, la montée des risques géopolitiques et l’ampleur des incertitudes sur l’environnement des affaires induites par la crise pourraient réduire plus largement l’appétence des entreprises à se projeter vers l’international.

L’impact du choc sur l’économie française est inégalement réparti : si la hausse des prix de l’énergie aura un impact direct et global sur tous les ménages et les entreprises, certains acteurs sont plus particulièrement exposés – professionnels gros rouleurs, industries énergo-intensives, agriculteurs et pêcheurs. Certaines filières dépendent plus fortement de la Russie pour une partie de leurs approvisionnements.

Face à cette situation, le Gouvernement a élaboré un plan de résilience économique et sociale, afin de mettre en œuvre des soutiens immédiats ciblés et des solutions ayant autant que possible un impact d’ici la fin de l’année et de moyen/long terme. L’objectif du plan de résilience est de plusieurs ordres :

  1. protéger les ménages et les entreprises des conséquences immédiates du choc, avec d’une part le renforcement du bouclier tarifaire énergétique à travers l’introduction d’une « remise carburants » et d’autre part le déploiement de nouveaux soutiens en trésorerie (prêts BPI de long terme, nouveau prêt garanti par l’État « Ukraine ») pour éviter les faillites et les destructions d’emplois, notamment pour les entreprises les plus directement dépendantes des débouchés russes, biélorusses et ukrainiens. Des accompagnements sectoriels spécifiques sont prévus pour les filières les plus exposées aux fortes variations de prix des matières premières, parmi lesquelles les industries énergo-intensives, l’agriculture, la pêche, les transports, les travaux publics. L’impact de la crise pour les entreprises exportatrices, en particulier celles exposées à la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine, sera atténué par un accompagnement dédié et un soutien accru à la recherche de nouveaux débouchés ;
  2. faire jouer la solidarité de filières sous l’égide de la médiation des entreprises et du médiateur des relations commerciales, tout en s’assurant de la bonne application des règles encadrant les relations commerciales ; il s’agira également de favoriser la diversification des sources d’approvisionnement, via la mobilisation de soutiens publics ;
  3. accélérer les actions pour réduire notre dépendance à très court terme : en premier lieu en matière de souveraineté énergétique ; en deuxième lieu, en matière de sobriété pour réduire notre consommation en gaz, et énergétique dès l’hiver prochain ; en matière de souveraineté technologique et industrielle ; en matière de souveraineté alimentaire, avec le renforcement des moyens pour la production en France des besoins d’alimentation animale.

L’ensemble de ces actions seront soutenues par une démarche ambitieuse de simplification administrative, pour faciliter l’implantation en France des activités qui concourent à la réduction de nos dépendances, dans le prolongement des efforts déjà engagés depuis 2017.

Le plan de résilience apporte ainsi des réponses ciblées pour les acteurs économiques les plus touchés afin de protéger à court terme l’activité des
entreprises comme le pouvoir d’achat des ménages. Il accélère aussi la mise
en œuvre de notre stratégie de réduction de nos dépendances, notamment en matière d’énergies fossiles.

Ce plan, qui s’inscrit dans le cadre d’une réponse européenne coordonnée, sera évolutif. Il s’adaptera aux évolutions de la crise et de ses conséquences, y compris dans l’éventualité de nouvelles sanctions ou contre sanctions russes. Nourri des concertations et des remontées des représentants des différentes filières professionnelles et des partenaires sociaux, il devra continuer d’associer dans sa mise en œuvre toutes les parties prenantes.

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